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Actualité 2010

Bretagne

La mérule gangrène sa maison à Rostrenen

vendredi 08 janvier 2010

Ouest-France

                          

              En grattant les murs, Françoise a découvert la mérule. Elle a mis en bocaux les champignons.

 

Le champignon a colonisé l'habitation. Comme de nombreuses autres maisons du centre-villede la commune des Côtes-d'Armor.

Le champignon grignote du terrain. Du rez-de-chaussée au grenier. Les filaments courent sur les murs de la maison de Françoise. Cette femme de Rostrenen (Côtes-d'Armor) cohabite avec la mérule, dont elle a fait la découverte en mai. « Des ouvriers ont cassé des cloisons. C'est là qu'ils sont tombés sur le pot-aux-roses... », raconte cette femme de 63 ans.

Quand elle prend ses quartiers à Rostrenen, en 2006, la jeune retraitée investit cette jolie maison du début du XXe siècle, récemment acquise. « Notaire ou ancien propriétaire, personne ne m'a avertie de la présence ¯ même éventuelle ¯ de la mérule, dont je ne connaissais même pas l'existence », raconte-t-elle. Pourtant, à Rostrenen, « ce champignon gangrène bien des maisons du centre-ville. Ici, c'est de notoriété publique », indique un habitant.

« De très coûteux travaux »

Seulement, la mérule sait se faire discrète. « Le champignon ne saute pas aux yeux, pointe le responsable d'une entreprise de diagnostic parasitaire. Pourtant, il peut faire des ravages : il se nourrit de boiseries. » En charge d'une cinquantaine de dossiers du même genre dans les Côtes-d'Armor, l'avocat de Françoise, Me Duval, dit « avoir vu des planchers mangés en six mois ». Poutres, huisseries, planchers... Tout y passe.

Pour venir à bout du champignon : il faut traiter. Mais Guillaume Eyssartier, mycologue professionnel, met en garde contre « des professionnels peu scrupuleux qui identifient la mérule pour réaliser de très coûteux travaux aux frais de clients figés par la terreur ».

La mérule met Françoise en péril. Financièrement, « car je n'ai pas les moyens de payer les 50 000 € de traitement et de travaux estimés par l'expert ». Physiquement, aussi : « Je souffre de problèmes respiratoires et quand les champignons sont « en fleurs », les spores n'arrangent rien... ».

 

 

                                                                                                       
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